Mélenchon = Hitler dans Les Échos (11/12/13)

« Avec son programme économique, le Front national confirme qu’il n’est pas un parti d’extrême droite, mais un parti d’extrême gauche. […] Il transpire, par tous les pores de sa peau, pour reprendre l’expression de Jean-Marie le Pen à propos des « sidaïques », l’amour du socialisme le plus national et le plus extrême […].

Édouard Tétreau, « chroniqueur » et patron – 11 décembre 2013

     Ces phrases sont celles du « chroniqueur » Édouard Tétreau. Le 11 décembre 2013, le journal Les Échos a publié sa « chronique » titrée « Le Front national ou la fusion de tous les extrêmes » :

echos     Le « chroniqueur » nuancé, perspicace et original commence par présenter son article en écrivant que « le programme économique du parti d’extrême droite n’a rien à envier à celui du Front de gauche ». Il cite plus loin la soi-disante hausse du SMIC proposée par Marine Le Pen : premier mensonge, qui a déjà été démasqué par quelques journalistes¹, tandis que l’immense majorité d’entre eux propageaient cette obscénité. Puis Édouard Tétreau introduit son article en citant une phrase raciste de Le Pen père :

« Je crois à l’inégalité des races, oui, bien sûr, c’est évident. Toute l’histoire le démontre. Elles n’ont pas la même capacité ni le même niveau d’évolution historique… »

Vient plus loin le septième paragraphe, tout en nuance, à propos du programme du FN. Le journaliste perspicace y écrit que le socialisme et le nazisme sont une seule et même chose (parce que « nazisme » est la contraction de nazional-sozialismus en allemand). L’argument « Hitler était socialiste » est celui des lepénistes honteux de leurs ancêtres ; son sens est que les valeurs de gauche sont le véritable fascisme. C’est cet argument qu’éructe le « chroniqueur » Édouard Tétreau :

« Ce programme et cette phraséologie vous sont familiers ? A moi aussi. Vous les retrouverez dans le Programme commun de la gauche en 1981 ; le programme du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon en mai 2012 ; l’oeuvre économique du colonel Chavez, qui a réussi à mettre le richissime Venezuela en banqueroute en quelques années ; les exploits de Kim Il-sung, Kim Jong-il et Kim Jong-un en Corée du Nord ; les ambitions de Fidel Castro pour Cuba ; celles de Lénine, Staline, Khrouchtchev et Brejnev pour l’URSS. Bas les masques. La boucle des extrêmes qui se rejoignent est bouclée : avec son programme économique, le Front national confirme qu’il n’est pas un parti d’extrême droite, mais un parti d’extrême gauche. Il suinte la haine des « riches » ; la méfiance envers tout ce qui ressemble à l’entreprise, surtout si elle est grande et prospère ; le dégoût de l’économie libre. Il transpire, par tous les pores de sa peau, pour reprendre l’expression de Jean-Marie le Pen à propos des « sidaïques », l’amour du socialisme le plus national et le plus extrême ; l’esprit de fermeture ; la haine de la liberté. »

Tétreau compare même Hollande à Le Pen :

« Instruit d’une expérience récente d’échec électoral et politique – celui de Nicolas Sarkozy en 2012 -, je ferai cette semaine une seule proposition à François Hollande : en matière économique et sociale, qu’il cesse de faire du Le Pen light. Qu’il retrouve, vite, les voies de la social-démocratie, de l’économie sociale de marché. Sinon, les électeurs préféreront toujours l’original à la copie. Le Front national de gauche plutôt que le Parti socialiste. »

Quant au troisième paragraphe, le « chroniqueur » rappelle que Le Pen père avait parlé de « point de détail », en 1988, pour qualifier le génocide des juifs.

Donc, pour résumer, le Front de gauche et Mélenchon sont assimilés sournoisement par ce « chroniqueur », qui n’ose pas affirmer clairement ses allusions :

1 – au racisme
2 – à l’antisémitisme
3 – au négationnisme
4 – à la haine envers les malades du SIDA
5 – au « socialisme le plus national » ; c’est-à-dire, ce que le « chroniqueur », lâche, n’assume pas  : au national-socialisme, au nazisme, qui, bien qu’il comprenne le mot « socialisme », n’a rien à voir avec le socialisme. À moins que l’on considère la réduction du chômage qu’Hitler a fort bien réussie (argument au premier degré des néonazis) grâce au travail obligatoire, à l’exclusion des juifs de certains métiers et à l’enrôlement militaire, faisant ainsi disparaître des statistiques un grand nombre de chômeurs…

Voici un autre « Mélenchon = Hitler » et une quinzaine d’autres « Mélenchon = Le Pen » dans le journal Les Échos : https://opiam2012.wordpress.com/category/4-presse-ecrite/les-echos/

***

1. Les lepénistes prétendaient augmenter le SMIC en baissant les « charges ». Mais comme la loi dit que toute baisse de charge doit être compensée par l’État, c’est-à-dire par les impôts, en fait ce n’est pas une vraie hausse, c’est une illusion de hausse, c’est en quelque sorte du partage de pauvreté. 

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10 commentaires pour Mélenchon = Hitler dans Les Échos (11/12/13)

  1. mimi24 dit :

    Soyez objectif,les échos,il faut le dire, appartiennent à Arnault première fortune de France,l’homme le plus riche d’Europe.
    Notre combat c’est contre le pouvoir financier.
    Pourquoi occulter ce problème n°1?

  2. dorzédéja dit :

    Quand, il n’y a pas si longtemps, le FN en la personne du papa jouait la carte reaganienne,  » les échos » était un peu géné aux entournures. Maintenant que fifille a décidé de pomper à gauche, la voie est libre, les Edouard Tétreaux peuvent libérer leur médiocrité à destination d’un public choisi et aux anges.

    • mimi24 dit :

      Source Wikipédia:
       » EN 2007, le groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnault, rachète Les Échos au terme d’un âpre conflit(…) »
      Quand allez-vous comprendre que les employeurs des journalistes(ici B.Arnault pour les Echos )ont changé ces dix dernières années et forcément la ligne éditorialiste des médias.
      FN dédiabolisé est la création du CAC40.
      Pas assez grave pour ouvrir le débat sur ce point?
      S’en prendre aux journalistes revient à faire de l’enfumage.

      • O.P.I.A.M. dit :

        Bien sûr que les employeurs ont changé ces dix et même ces vingt dernières années. Cela ne suffit pas à déresponsabiliser les « petits » et moyens journalistes, ces larbins, ces laquais, ces valets, qui ne sont pas tout le temps obligés d’obéir à leur chef. Souvent, ils pensent comme leurs chefs. Ils sont des individus adultes, conscients, responsables. Encore une fois, je vous conseille la lecture de la revue Charles où Mélenchon explique son point de vue, bien détaillé. Je le partage bien entendu mais je n’ai pas le temps de vous en rendre compte. Patientez jusqu’en janvier si vous êtes disposé à entendre ses arguments qui seront publiés dans l’OPIAM. Parlez d’enfumage si cela vous plaît. Bonnes fêtes, et détendez-vous.

  3. mimi24 dit :

    A part Mélenchon (pour moi il se trompe)quelles sont vos sources?

    vu de l’intérieur et publié par Acrimed en 2007
     »
    Une information malade, c’est une démocratie en danger !
    le 24 septembre 2007
    Nous publions ci-dessous un communiqué de l’intersyndicale de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC, SJ-FO)

    Depuis des mois, les coups de boutoirs portés à la liberté de la presse sont de plus en plus violents. Rarement l’indépendance des journalistes n’avait été autant bafouée. Rarement, l’un des droits fondamentaux du citoyen, à savoir l’accès à une information honnête, complète, pluraliste et indépendante des pressions politiques, financières et commerciales, n’avait été autant menacé.

    La situation est grave. Les exemples pullulent : la mainmise de quelques grands industriels – dont les liens avec le pouvoir en place ne sont plus à démontrer – est une situation unique en Europe. Même les Etats-Unis ne connaissent pas un tel phénomène. Des journaux, des émissions, des postes de journalistes disparaissent. Restructurations et plans sociaux se succèdent à un rythme effréné. Les pressions exercées sur les journalistes atteignent des sommets dignes d’une république bananière. Les cas de censure deviennent monnaie courante. Les rédactions sont perquisitionnées au mépris même de la loi.

    Face à cette situation d’une extrême gravité, les syndicats de journalistes, garants des intérêts moraux et du statut d’une profession indispensable au droit à l’information des citoyens, ont décidé, pour la première fois depuis 15 ans, de se rassembler pour passer à l’action. Ils appellent les journalistes et les citoyens à s’engager avec eux pour gagner la bataille de l’indépendance.

    Les médias, dans leur diversité d’expression, devraient contribuer à préserver et à renforcer la démocratie. Les journalistes n’ont en aucun cas vocation à faire passer un message au profit d’un intérêt particulier. Ils doivent, et avec eux les patrons de presse, avoir le souci constant de respecter la déontologie de la profession, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. L’information ne se confond pas avec de la communication, et doit encore moins être prise pour une marchandise. La République française et ses représentants élus par le peuple doivent garantir le respect de ces principes.

    Déjà en 1999, le Conseil de l’Europe invitait les « Etats membres a encourager les médias à renforcer l’indépendance éditoriale et d’autres moyens d’autorégulation. » Il a lui-même affirmé que « l’exercice libre et sans entrave des libertés journalistiques est vital pour la libre formation des opinions et des idées … »

    L’information est un droit fondamental de tout citoyen, qui commence par le respect du droit d’informer.

  4. mimi24 dit :

    Et aussi cet itw de Denis Robert qui parle de ce qu’il a vaicu

  5. Harry Cover dit :

    Monsieur,
    Comme je n’ai plus aucun moyen de m’adresser à vous puisque vous avez exercé à mon encontre une censure injustifiée je le fait pas le biais de cet article, c’est donc sans rapport mais bon…
    Vous avez choisi de retirer mes commentaires de vos publications sur Facebook alors que ces derniers permettaient de créer du débat et qu’ils ne comportaient aucune injure contrairement aux vôtres. Vous avez été en incapacité d’argumenter à la fois sur la dangerosité de laisser à un pouvoir politique le soin de définir ce qui peut être dit ou pas et sur votre accusation infondée de négationniste à propos de jean Bricmont. Vous jouez le jeu des Finkelkraut et autres Askolovitch qui voient dans chaque adversaire des antisémites (Siné, etc et même Mélenchon d’ailleurs) pour les invalider du débat public. Quand vous traitez Bricmont de négationniste vous écarter du débat une personne qui amène au débat public des points de vue qui permettent un pas de côté sur ce débat (la liberté d’expression) souvent stérile et plaqué sur une conception légale de cette liberté. Si le négationnisme et les propos antisémite sont des délits, traiter quelqu’un de négationniste (Monsieur Bricmont) alors que vous n’avez pas une once de preuve de ce que vous dites, ou d’ordure (Monsieur Cohen) relève aussi du délit (diffamation). Il est par ailleurs surprenant et, comment vous dites, « schizo » d’afficher dans votre dernière publication votre solidarité à Monsieur Cohen que vous traitez d’ordure quelques post avant… Vous n’êtes pas un militant vous êtes un mercenaire, un moine au service d’une cause (Monsieur Mélenchon) que vous défendez comme parole d’évangile sans réel argument et à coup d’insultes et de calomnies, soit comme le font ceux que vous pensez combattre. D’ailleurs je ne pense pas que le PG et Monsieur Mélenchon valideraient vos propos souvent excessifs et insultants. Cher Monsieur le militantisme consiste à se battre avec des arguments, à essayer de convaincre, à accepter les nuances et les limites d’un propos et non pas a imposer par la « force » un point de vue et censurer tout ce qui pourrait le nuancer. La violence avec laquelle vous vous exprimez contre vos contradicteurs en dit long sur votre incapacité à réfléchir par vous même, à prendre du recul et animer un débat avec ceux qui vous suivent. Je vous le redit, prenez du recul, cultivez vous et mesurez vos propos. Pour finir, puisque vous m’ôter le droit de commenter vos diatribes (ce qui en dit long sur votre sens du dialogue et de la démocratie) vous voudrez bien aussi me retirer de votre liste de diffusion manière de ne pas venir polluer mon mur d’actualité avec vos sottises inquisitoires. Je ne vous souhaite pas une bonne continuation et j’espère sincèrement que le PG et le FdeG ne se fera pas avec des mercenaires comme vous.

    • O.P.I.A.M. dit :

      Mon petit bonhomme, tu sors du contexte ce que j’ai dit sur Patrick Cohen. Comme on me reprochait de le défendre alors que celui-ci s’est comporté de façon ordurière avec Mélenchon – il n’y a là rien de diffamatoire – (et qu’il s’est comporté de façon très courtoise avec Le Pen), j’ai juste rappelé que certes, Patrick Cohen est un connard, mais que le devoir de tout républicain est de lui témoigner son soutien puisqu’il est menacé par les soraliens-dieudonniens.
      Je ne lis pas le reste de ton commentaire. Bye bye.

      • Harry Cover dit :

        Je ne suis pas votre petit bonhomme et vous vous permettrez de me tutoyer lorsque vous aurez grandi un peu… Vous avez un drôle de sens de la diffamation (« connard »).et sur un plan strictement médiatique, vous vous comportez de la pire façon en censurant tout ce qui ne va pas dans votre sens (un peu comme chez les auditeurs d’Inter en quelque sorte…). Je sorts du contexte dites-vous, ah bon et comment ? ….vous n’en savez rien, vous êtes dans l’invective, l’insulte et infligez une règle morale digne du petit dictateur boutonneux derrière son écran d’ordi.
        Bien entendu que vous avez lu la suite mais votre incapacité à y faire face vous amène fuir… Votre courage n’a d’égal que votre intellect a priori. La lâcheté n’est pas une valeur de gauche mais pourtant elle vous anime. Allez éclatez vous bien dans votre croisade inquisitoire qui n’ira pas loin compte tenu de votre niveau.
        Ah oui j’oubliais, vous faites la pub des bouquins d’Howard Zinn sur votre site, je vous conseille vivement de les lire manière de vous enrichir sur une conception de la liberté d’expression que vous haïssez bêtement… bye bye monsieur le censeur.

  6. Harry Cover dit :

    Une dernière chose sur la liberté d’expression Monsieur OPIAM : vous n’avez en réalité aucune raison valable de censurer mes propos initiaux. En effet ils mettaient en nuance les difficultés d’une loi sur la liberté d’expression qui définit ce qui peut-être dit ou pas. Je vous opposais la conception américaine de la liberté d’expression et notamment le fait qu’une restriction légale pouvait être dangereuse suivant quel pouvoir politique définissait le « bien disant ». Donc, aucune insulte dans mon propos, qui répondait aux flots d’insultes vers ceux qui ne pensent pas comme vous. De manière drolatique, parce que vous étiez dans l’incapacité de répondre et d’argumenter vous avez préféré censurer et interdire une parole qui n’allait pas dans votre sens, et vous me donnez raison sur les avantages indéniables d’une liberté d’expression totale car avec des gens comme vous au pouvoir nous pourrions être inquiet de ce que nous aurions le droit de dire ou non…. 😉 allez bye bye Monsieur OPIUM je vous laisse à vos naïfs contemplateurs…

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