Le journaliste Sébastien Tronche parle comme le vice-président du FN

Comme la famille Le Pen, le journaliste veut faire parler de lui

     Dans son article du 16 février 2016 paru sur Europe1 « Le Lab » (« Jean-Luc Mélenchon et sa quête des 500 signatures de maires pour 2017 »), Sébastien Tronche accuse Mélenchon de « faire parler de lui » et d’avoir « un discours qui rappelle autant la famille Le Pen, Jean-Marie en son temps comme Marine hier, que des candidats comme Nicolas Dupont-Aignan ou Jacques Cheminade. »

Et qui rappelle le discours de Sébastien Tronche ?

     1. Le 11 mai 2012, Steeve Briois disait de Jean-Luc Mélenchon : « son seul programme, c’est essayer de faire parler de lui » ¹.

     2. Le FN de la fédération de la Loire titrait sur son site Internet le 20 mai 2014 : « Le (mauvais) acteur Mélenchon explique comment il a copié Julien Dray pour faire parler de lui ! » :

fnloire

     3. Le 11 avril 2013, Le Monde publiait en page 10 un article de Raphaëlle Besse Desmoulières titré « La stratégie médiatique « antimédias » de Jean-Luc Mélenchon » (et en page 11, un tract d’une page entière contre les homosexuels, rédigé par le mouvement d’extrême droite « La Manif Pour Tous »). Dans un paragraphe intitulé « Escalade verbale » – expression que des dizaines de journalistes pluralistes avaient répétée et répétée les semaines précédentes –, la journaliste non populiste et non démagogue écrivait :

« Mais comme tout homme politique, Mélenchon a besoin des médias. Ayant échoué à se faire élire à l’Assemblée nationale, il ne dispose pas de la tribune dont il aurait rêvé. Un handicap, surtout dans une année sans élection. Pas question d’attendre 2014 pour faire parler de lui. »

     4. Le 7 février 2013, le journaliste Philippe Ridet, du journal Le Monde, décrivait Antonio Ingroia – candidat de gauche aux élections législatives italiennes – comme un homme qui « veut faire parler de lui »². Quatre mots en tout dans son article suffisaient à décrire Ingroia, et le lecteur n’aura même pas su quel mouvement il représentait.

     5. Le 6 mars 2013, le journaliste du Nouvel Observateur Maël Thierrey écrivait, dans son article  » « El Comandante » Mélenchon » :

« En affichant son ardeur pro-Chávez, Mélenchon a profité de l’actualité internationale pour faire parler de lui et s’associer, surtout, à une victoire électorale fêtée quasiment comme un succès du Parti de Gauche. »

Le 6 juillet 2015, Sébastien Tronche avait jubilé d’assimiler la gauche à l’extrême droite en écrivant ceci :

« La gauche de la gauche et les « frondeurs » du PS ont sur la même longueur d’onde salué le refus du peuple grec face aux exigences de ses créanciers, de même que le FN, à l’autre bout de l’échiquier politique. »³

« De même ». La routine dans le monde d’absence de pensée qu’est le Parti Médiatique. Pour lui, peu importe que le Front national soit obligé de brouiller les pistes pour prospérer, comme tout parti fasciste, qu’il soit obligé de prétendre saluer la gauche grecque antiraciste et de produire dans le même temps un communiqué titré « Grèce : Le Front National, pour le principe du remboursement de la dette ! ». Tout journaliste un minimum cultivé en histoire sait pourtant qu’il est absurde de chercher une ligne politique claire et stable chez les mouvements fascistes. Les journalistes qui font mine de le faire sont dans leur rôle de dédiabolisateurs, puisqu’ils cherchent à aligner le FN sur les autres partis, donc le racisme sur les  « autres idées ». De même que le FN est capable de copier-coller des paragraphes entiers d’un discours de Mélenchon – ne serait-ce que pour encourager la plantufication des médias –, de même les fascistes peuvent faire mine de soutenir des idées sociales pour vampiriser l’électorat de gauche et faire régner la confusion avec l’aide zélée des journalistes. Sébastien Tronche n’explique pas pourquoi le FN, parti fasciste, prétend soutenir Syriza. Il n’explique pas que c’est une stratégie cohérente pour créer la confusion. Il prétend livrer un « fait » brut, de même que son collègue d’Europe1 Sylvain Chazot jubilait d’écrire (très innocemment) deux fois dans un article que « Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont d’accord ». Livrer ce genre de « fait » brut, sans aucun commentaire, n’est pas un acte de malveillance de leur part. C’est un jeu. Ils s’amusent. Tout est drôle, tout est futile, tous pourris, tous menteurs, tous manipulateurs. C’est la ligne poujadiste, nihiliste, cynique au sens non philosophique des jeunes journalistes mal payés du « Lab » d’Europe1 – mal payés mais si fiers d’appartenir à ce qu’ils croient être une élite, alors qu’ils ne sont ni artistes, ni penseurs, ni législateurs. Ils sont journalistes. Or le journalisme accomplit sa tâche, écrit Nietzsche, « conformément à sa nature, c’est-à-dire, comme son nom l’indique, comme une tâche de journalier ».

Le 22 décembre 2014, Sébastien Tronche, par incompétence, paresse intellectuelle ou lepénisme, avait encore répandu l’idée que le Front National serait anticapitaliste (voir son article « Florian Philippot raille l’interview accordée par Jean-Luc Mélenchon à Closer »).

Enfin, c’est bien le journaliste qui veut faire parler de lui (voir Lepénisme et nombrilisme chez Europe1).

***

  1. France Inter

2. « En Italie, l’avance de M. Bersani se réduit, à trois semaines des élections »

3.  « Après la victoire du non au référendum en Grèce, François Hollande communique sur la crise plutôt que sur le résultat »

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2 commentaires pour Le journaliste Sébastien Tronche parle comme le vice-président du FN

  1. Khelifa dit :

    Les merdias au service de la finance. Les temps sont comptés pour les larbins des atlantistes (Hollande notre guimauve conquérant, VallsPen et tous ces larbins doivent dégagés. Place au Peuple……..

    • dorzedeja dit :

      Khelifa, vous exprimez avec beaucoup de concision ce problème que constituent les atermoiements politico-médiatiques autour d’une certaine prépondérance des financiers sur notre vie quotidienne.

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